vendredi 7 juillet 2017

la discipline sans drame - Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson


Pour ceux qui me suivent régulièrement, vous le savez il y a un sujet qui m'est cher, même si j'ai des difficultés à l'appliquer, c'est l'éducation non violente, dérivée de la CNV (communication non violente).

4e de couverture :
Vous aimeriez bien vous passer de jouer les gendarmes. Mais que faire quand le bol de céréales atterrit sur le mur de la cuisine, quand votre enfant hurle dans un restaurant, ou que, pour la troisième fois, vous recevez un appel de l’école ? Oubliez tout ce que vous savez de la discipline. Voici une nouvelle approche, fondée sur ce que la science nous révèle de l’enfant, de son cerveau, de ses besoins. Une approche pour l’aider à devenir un être heureux, bienveillant, en route vers la réussite et capable d’autodiscipline. Voici toutes sortes d’outils pour devenir un meilleur parent : - le «pourquoi-quoi-comment ?» ou les trois questions à se poser pour passer du mode réaction au mode réponse ; - plus de 100 dessins et BD qui mettent en scène des situations typiques et vous aident à trouver la bonne réponse ; - des trucs et astuces pour savoir vous connecter à votre enfant pour désamorcer les crises.

Ce livre est vraiment très intéressant, complet et apporte de nombreuses réflexions. De plus il s'appuie sur les dernières découvertes concernant le cerveau et notamment celui des enfants. Sachant tout cela on peut adapter ses méthodes éducatives pour tirer le meilleur parti de ce fonctionnement plutôt que de lutter contre. Attendre d'un enfant un comportement qu'il est incapable d'avoir selon son âge parait aberrant et pourtant c'est ce que l'on a tous tendance à faire.

Ce livre explique très clairement en quoi les méthodes "traditionnelles" disputer, punir, sermonner sont inefficaces. La clé c'est la connexion qui existe entre un parent et son enfant, la qualité de leur relation, c'est en restant connecté à lui par l'écoute et l'empathie qu'on peut ensuite l'amener dans le calme à revoir son comportement.
Toutes les émotions de l'enfant, quelle quelles soient doivent être acceptées et accueillies, par contre toutes les façons d'exprimer ces émotions ne sont pas acceptables. Un exemple des plus classiques : "Tu as parfaitement le droit d'être en colère contre ton frère, mais tu n'as pas le droit de le taper". On propose ensuite autre chose, une redirection : tu peux taper un coussin, ou dessiner ce qui te fâche... ou proposer à l'enfant de trouver lui-même une solution acceptable.

Malheureusement à force de punir, sermonner, ne pas tenir compte de ce qu'ils ressentent (par exemple dire à un enfant qui vient de tomber que non il n'a pas mal, alors qu'il pleure de douleur), les enfants s'éloignent de leurs parents et on assiste à des cassures principalement à l'adolescence. Une fois que la relation est abimée ou cassée, comment espérer être entendu et faire passer nos principes éducatifs ? Et surtout quel gâchis !
L'éducation positive nous amène à considérer qu'il vaut mieux qu'un enfant obéisse parce qu'il comprend que ce qu'on lui demande à du sens et qu'il en comprend la raison, ainsi la prochaine fois il le refera naturellement, plutôt que parce qu'il a peur de se faire disputer ou punir, dans ce cas là qu'a t-il appris à part craindre ses parents ou leur garder rancune et chercher à éviter de se faire prendre la prochaine fois, donc éventuellement mentir ou accuser quelqu'un d'autre pour cacher une bêtise.

Lorsqu'on laisse un enfant piquer sa crise dans son coin en l'ignorant, on lui apprend :
- qu'on n'accepte pas ce qu'il ressent (donc qu'on ne l'accepte pas tout court)
- qu'il ne peut pas compter sur nous quand il n'arrive pas à gérer une situation.
Car ce qu'on appelle une "crise" est en fait un espèce d'orage cérébral dû à l'immaturité du cerveau de l'enfant. En gros il n'arrive plus à gérer une situation et son cerveau disjoncte. C'est très douloureux et déstabilisant pour lui, et il n'est pas capable dans cet état d'entendre une leçon de moral et le disputer ou lui demander de ce calmer seront sans effet, voir aggraveront le situation.

Comme je le disais ceci est de la belle théorie car être calme et disponible quand un enfant vous tient tête ou hurle (encore pire si c'est en public)  peut être violent et déstabilisant en tant que parent. Mais si nous mêmes ne sommes pas capables de garder notre calme, comment demander à un enfant de le faire ?
Voici une situation courante où je vais m'énerver parce que l'un des enfants me tient tête, il ne veut pas prendre sa douche par exemple, pendant que l'autre me pose une question qui mériterait que je prenne le temps d'y répondre, tandis que le repas refroidi déjà, que l'heure tourne à toute vitesse, et que je vois encore la montagne de chose qu'il me reste à faire dans la maison alors que j'aimerais juste tout simplement avoir 5 minutes de calme. Voici le genre de situation que je gère mal.

Avec l'éducation non violente la communication et la qualité de la relation restera toujours la priorité, sans aucun laxisme, mais avec bienveillance.
Par contre ce livre est à mon sens trop culpablisant pour les parents. On vous fera bien comprendre que tous les problèmes viennent des parents et mesurer la responsabilté immense qui pèse sur nos épaules. J'ai assez conscience de cela, mais çà ne le rend pas plus facile à accepter.

Néanmoins je recommande vraiment ce livre, qui donne beaucoup d'explications et de cas concrets.
Mais il faut être prêt à changer sa façon de faire, ce n'est pas une baguette magique.

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